Friday, June 06, 2008

In Memoriam



In memory of Mauricio Levy, a good man and a very dear friend.

Mauricio 1997



Adieu l'ami Mauricio Levy

Il est des hommes qui sans nul doute marquent leur époque et plus particulièrement les gens qu’ils ont rencontrés. C’est le cas de Mauricio Levy qui vient de disparaître, le 6 décembre dernier, dans des conditions tragiques, au Portugal. Plus qu’un correspondant de notre magazine et d’autres avant nous, plus qu’un fin connaisseur du monde ferroviaire portugais mais aussi international, il reste celui qui aura façonné, petit à petit, une conscience ferroviaire collective dans son pays. Amenant chacun à réfléchir au devenir de ce mode de transport dans des contrées où traditionnellement, le rail n’a pas toujours connu la bonne fortune rencontrée ailleurs en Europe. Son regard devenait gourmand à la seule évocation de tel ou tel train, brillait au seul nom des Wagons-Lits dont il collectionnait les objets et livres, sans tomber toutefois dans la nostalgie. Amateur éclairé de l’histoire et de l’actualité des réseaux ferrées internationaux, il avait gagné le respect des autorités portugaises qui l’avaient nommé au poste de Directeur de l’Institut National des Transports Ferroviaires, au début des années 2000. Travailleur infatigable, toujours à la recherche du consensus autour de quelques idées fortes, sans jamais perdre de vue la nécessité d’écouter les autres et d’étudier leurs propositions, leurs choix, il avait eu à intervenir sur la question du tracé des futures lignes à grande vitesse au Portugal. Un sujet délicat dont malheureusement il ne verra pas l’aboutissement mais dont il aura sans nul doute influencé les choix. Fatigué de devoir discuter avec la classe politique, de diriger une entreprise qu’il avait essayé de moderniser et de transformer, d’affronter les commissions et enquêtes en tout genre qui l’éloignaient toujours trop de l’opérationnel qu’il affectionnait, il avait quitté ses fonctions, sans regrets, en 2004 pour rejoindre sa maison mère, la Poste portugaise dont il était l’un des directeurs.

Issu d’une famille juive émigrée au Portugal après la Seconde Guerre mondiale, dont une grande partie fut exterminée par les Nazis, il aimait à raconter comment son amour des trains lui était venu de ses fréquents voyages, d’abord en famille puis seul, entre Lisbonne et Paris, sa ville d’adoption dont il connaissait les moindres rues, les moindres histoires.

Ses études au Lycée français de Lisbonne avaient renforcé en lui cet amour de la France qu’il entretenait, qu’il nourrissait avec une pointe de nostalgie, celle de ne pouvoir partager cette passion avec ses enfants, désormais plus acquis à la langue anglaise qu’à celle de Molière. Des enfants dont il avait retenu les prénoms pour signer ses dernières chroniques dans Le Rail par un Miguel S. Rita...

Lorsque dans les années 90, je lui proposai de rejoindre la toute nouvelle Association des Journalistes Ferroviaires Européens et de créer une section portugaise, il y adhéra, non sans avoir au préalable discuté les statuts jugés alors “napoléoniens” en vertu de cette méfiance ancrée dans l’histoire franco-portugaise qu’il me rappelait de temps à autre. Cette amitié survécut heureusement à cette Association et il resta entre nous un lien indéfectible, né certes d’une passion commune mais également d’une envie de dépasser les frontières de nos pays et de s’apparenter à une famille européenne plus conforme à nos idées.

Cet homme éclectique, capable de s’enflammer pour la chose politique française ou portugaise, ce passionné et passionnant ami nous manque déjà et laisse un vide difficile à combler. Ses nombreux amis ont été surpris par sa disparition inattendue, comme sa famille vers qui vont, bien entendu, toutes nos pensées et notre amitié.

Il vient de nous prouver une fois de plus qu’il faut savoir jouir du temps qui passe et des amitiés qui semblent devoir durer. Tout peut être remis en question, à tout moment.

Le vide créé par son départ en est la preuve. Il nous reste certes ses écrits, ses réflexions et ses propos qu’aujourd’hui ses amis aiment à se rappeler. Il n’empêche, nous aurions aimé prolonger encore quelques années ces échanges pour encore plus apprécier les qualités de cet homme, de cet ami exceptionnel.

Christian SCASSO

scasso.christian@lerail.com
LE RAIL •N°142 • DÉCEMBRE 2007
Rédaction
3, avenue Hoche
75008 PARIS (FRANCE)
Tél.: 33 (0)1 46 22 53 71
Fax: 33 (0)1 40 54 98 93

2 comments:

♥♫♪@nn@♫♪♥ said...

tambem tenho esta foto

junto me à sua tristeza

foi duro mesmo

♥♫♪@nn@♫♪♥ said...

somos umas copionas
mas o texto é bonito sim ;)